Vous venez de recevoir votre avis d’imposition sur les revenus de 2019 et la note s’avère salée ? Vous ne pouvez plus rien faire pour le passé (sauf si vous aviez commis une erreur dans votre déclaration)… mais rassurez-vous : il est encore temps de réduire votre pression fiscale pour cette année ! Ne ratez pas le coche : vous devez agir avant le 31 décembre si vous voulez que les avantages fiscaux aient un impact sur votre impôt payé en 2021 et calculé sur vos revenus de 2020. Réductions d’impôt, crédits d’impôt ou encore déductions fiscales applicables sur le revenu : vous avez l’embarras du choix !

Pourquoi pas l’épargne retraite ?

Un avantage fiscal

Pour réduire votre facture fiscale, vous pouvez alimenter un produit d’épargne retraite. En effet, à concurrence du plafond disponible au sein de votre foyer fiscal, vos versements sont déductibles de vos revenus imposables. Ensuite, c’est mathématique : moins de revenus imposables = moins d’impôts !

L’économie réalisée grâce à vos versements va dépendre de votre taux marginal d’imposition (TMI). Plus vous avez un taux marginal d’imposition élevé, plus vous avez intérêt à verser en épargne retraite ! Ainsi, pour 10 000 € épargnés, un contribuable imposé dans la tranche à 41 % pourra bénéficier d’une économie fiscale maximale de 4 100 €.

Vous pouvez verser autant que vous le souhaitez mais vos versements ne seront déductibles que dans une certaine limite :

  • en tant que salarié, vous pouvez déduire de votre revenu global jusqu’à 10 % de vos revenus professionnels (maximum 32 419 € de déduction pour 2020) ;
  • en tant qu’indépendant, vous avez le choix d’imputer vos versements soit sur votre revenu global, soit sur votre revenu professionnel, et vous bénéficiez pour cela d’un plafond de déduction complémentaire calculé en fonction de votre revenu professionnel.

Sachez que vous pouvez bénéficier de vos plafonds non utilisés des trois années précédentes, et les couples mariés ou pacsés peuvent mutualiser leurs plafonds respectifs.

Bon à savoir : En réduisant votre « base taxable » à l’impôt sur le revenu, vous réduisez également votre taux de prélèvement à la source ! Ainsi, vous pourrez demander la baisse de votre retenue à la source ou de vos acomptes, sous réserve d’un écart d’au moins 10 % entre le montant du prélèvement actuel et de celui modifié…
David Cordier
Votre Conseil

… mais pas que !

Au-delà de l’avantage fiscal, verser sur un tel dispositif vous permet de préparer votre retraite, pour obtenir des revenus complémentaires à terme. Que ce soit sur un ancien produit d’épargne retraite que vous pouvez toujours détenir (type PERP ou Madelin), ou sur un nouveau PER (plan d’épargne retraite), votre épargne reste « indisponible » et fructifie jusqu’à votre départ en retraite.

Une fois à la retraite, vous pourrez ressortir de votre plan ou contrat normalement en rente viagère afin de compléter vos revenus. Mais, vous pourrez récupérer aussi votre épargne sous forme de capital avec le nouveau PER. Les anciens produits n’offrent cette possibilité seulement pour une petite part de votre épargne : si le calcul de la rente aboutit à un flux mensuel inférieur à 40 € ; ou pour le PERP à hauteur de 20 % de la valeur de rachat de votre contrat.

De plus, comme la vie n’est pas toujours un long fleuve tranquille et que vous pourriez avoir besoin de piocher dans votre épargne plus tôt que prévu, il existe des cas de sortie anticipée (différents en fonction du type de produit) comme par exemple l’invalidité ou le surendettement, ou encore l’acquisition de votre résidence principale.

Pourquoi pas les FIP/FCPI ?

Une réduction d’impôt immédiate…

Les fonds commun de placement dans l’innovation (FCPI) ou les fonds d’investissement de proximité (FIP) sont des investissements financiers, sans garantie en capital, qui vous permettent de bénéficier d’une réduction d’impôt immédiate et d’un gain futur potentiel. Vous devez conserver les parts au moins 5 ans et la réduction d’impôt effective va dépendre du quota d’investissement dans les PME éligibles que le fonds promet d’atteindre.

… avec un taux de réduction provisoirement majoré (quoi que !).

On l’attendait depuis 3 ans, le voici : le taux de réduction pour investissement en FIP/FCPI est enfin porté à 25 % (contre 18 % jusqu’ici). Toutefois, ne vous « emballez » pas trop vite… en effet, la hausse du taux est en partie contrebalancée par le fait que la réduction ne se calcule désormais que sur la quote-part d’investissements éligibles dans le fonds.

Prenons un exemple, si vous choisissez un FCPI qui offre un quota d’investissements dans les PME éligibles de 88 %, alors le taux de réduction réel sera de 22 % (25 % x 88 %). Ainsi, si vous investissez 10 000 € dans ce fonds, vous obtiendrez une réduction d’impôt de 2 200 €.

Ce taux exceptionnel de 25 % ne s’appliquera que pour les investissements effectués avant le 31 décembre 2020. La réduction d’impôt se calcule dans la limite d’une souscription nette de 12 000 € pour une personne seule ou 24 000 € pour les couples mariés ou pacsés soumis à une imposition commune*

Sachez que vous pouvez même bénéficier d’un taux de réduction de 30 % avec les FIP Corse et FIP Outre-mer avec le même mode de calcul.

Toutes ces réductions sont prises en compte dans le plafonnement global des niches fiscales.

* Notez que cette enveloppe de 12 000 € ou de 24 000 € est indépendante : vous pouvez souscrire jusqu’à 24 000 € de FCPI et jusqu’à 24 000 € de FIP ou encore jusqu’à 24 000 € de FIP Corse

Le plafonnement global des niches fiscales, c’est quoi ?

C’est un mécanisme qui limite le montant des avantages fiscaux à 10 000 € par an. Si vos avantages fiscaux obtenus sur une année dépassent ce plafond, ils sont en partie perdus.

Pourquoi pas les dons ?

Allier l’utile…

Vous pouvez réaliser des dons en faveur des causes qui vous tiennent à cœur et soutenir financièrement des organismes d’intérêt général ou d’utilité publique.

… à l’agréable !

En contrepartie, vous obtiendrez une réduction d’impôt égale à 75 % ou 66 % de votre don en fonction de la nature du bénéficiaire. Suite à la crise sanitaire, le plafond de certains dons a d’ailleurs été rehaussé pour cette année. Ainsi, les dons à des organismes d’aide aux personnes en difficulté, comme par exemple les Restos du Cœur ou la Croix-Rouge, génèrent désormais une réduction d’impôt sur le revenu de 75 %, dans la limite de 1 000 € pour l’imposition des revenus de 2020. La réduction d’impôt maximum est donc de 750 € (contre au mieux 414 € jusqu’à présent). Si votre don excède ce plafond, le surplus n’est pas perdu. Il ouvre simplement droit à une réduction d’impôt un peu plus modeste : celle des dons « classiques ». Ces dons ouvrent droit à 66 % de réduction et sont retenus dans la limite de 20 % de votre revenu imposable. Les bénéficiaires sont des organismes d’intérêt général établis en France avec un but philanthropique, cultuel, éducatif, scientifique, social, familial, humanitaire, sportif ou culturel etc.

Par exemple, si vous faites un don de 1 500 € au profit d’un organisme qui procède à la fourniture gratuite de repas à des personnes en difficulté, vous bénéficierez d’une réduction d’impôt sur le revenu de 1 080 € (1 000 € à 75 % et 500 € à 66 %)

Comment choisir ?

Pour faire le tri parmi ces différentes possibilités de défiscalisation et opter pour la solution la plus adaptée à votre situation et à vos objectifs, il faut vous poser les bonnes questions.

  • Quel est votre taux marginal d’imposition (TMI) ?

Le taux marginal d’imposition est celui qui s’applique à vos revenus les plus élevés. Le connaître permet notamment de mesurer l’efficacité d’un avantage fiscal. Si votre TMI est inférieur à 30 %, il faut privilégier les réductions d’impôt par rapport aux déductions (par exemple le dispositif Pinel plutôt qu’un versement en épargne retraite). Et inversement… Par exemple, verser 4 000 € sur un PER (plan d’épargne retraite)  n’aura pas le même impact si vous avez un TMI de 11 % (économie de 440 € d’impôt) ou de 41 % (économie de 1 640 €).

  • Avez-vous déjà des réductions ou des crédits d’impôts ?

Si vous avez déjà des réductions ou des crédits d’impôts habituels ou réguliers qui diminuent votre impôt sur le revenu, il faut en tenir compte. En effet, la plupart des avantages fiscaux entrent dans le champ du « plafonnement global » des niches fiscales. Ainsi, au-delà d’un certain montant, les investissements de défiscalisation seront peu ou pas efficaces. Notez que certains dispositifs sont hors du plafonnement « classique » des niches fiscales. De plus, une réduction d’impôt peut parfois être reportable si elle n’est pas « consommée » sur l’année.

  • Souhaitez-vous que votre investissement vous procure un avantage sur plusieurs années ?

Si vous avez des revenus exceptionnels cette année, il peut être opportun de réduire ponctuellement votre impôt sur le revenu. Votre stratégie ne sera pas la même si vous souhaitez réduire votre fiscalité régulièrement, chaque année.

  • Etes-vous prêt à faire un investissement significatif (± 100 000 €)?

Le montant de votre « enveloppe de défiscalisation » aura son importance dans le choix final de la solution retenue. En effet, si vous avez par exemple plus de 100 000 € à investir (en cash ou à crédit !), orientez-vous plus logiquement vers un investissement immobilier en direct. Au contraire, si vous ne souhaitez investir que quelques milliers d’euros, les SCPI fiscales ou les FCPI seront plus appropriées

 

Vous êtes travailleur indépendant ou professionnel libéral ? Vous exercez votre activité dans le cadre d’une société à l’impôt sur les sociétés et vous percevez des dividendes ? Vous êtes amené à payer des cotisations sociales sur ces dividendes, au-delà de la petite part soumise aux seuls prélèvements sociaux. Le montant à prendre en compte pour le calcul des cotisations sociales est le montant du dividende brut distribué, et non le montant du dividende après abattement de 40 %. Jusqu'à présent, un doute subsistait mais la loi a été modifiée, à effet rétroactif depuis le 1er septembre 2018. Ainsi, l'abattement de 40 % est d'application purement fiscale et ne s'applique pas à l'assiette des cotisations sociales. Cette question se pose uniquement si vous optez pour une imposition au barème progressif de l'impôt sur le revenu. En effet, si vous êtes soumis au Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU), celui-ci s’applique déjà au taux de 12,8 % sur la totalité du dividende. Notez par ailleurs que le paiement des cotisations sociales peut être pris en charge par la société qui les verse.
David Cordier
Votre Conseil